Droits de douane sur les voitures importées

28 mars 2025
Droits de douane sur les voitures importées

Assahafa.com

Donald Trump a propulsé les relations entre le Canada et les États-Unis au premier plan de la campagne électorale, mercredi, en annonçant que son administration imposera, à compter du 3 avril, des droits de douane de 25 % sur toutes les voitures qui ne sont pas construites sur le territoire américain.

En pleine tournée électorale, le chef libéral Mark Carney tout comme le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, et le leader du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, ont condamné cette « attaque injustifiée » contre les travailleurs et l’économie du pays et ont promis une riposte ferme.

Une telle mesure protectionniste, si elle est maintenue, aura un effet dévastateur sur l’industrie automobile du pays, qui se trouve principalement en Ontario. Elle pourrait également mettre à l’arrêt une industrie qui est fortement intégrée en Amérique du Nord – une pièce d’automobile peut traverser la frontière entre le Canada et les États-Unis jusqu’à six fois avant qu’un véhicule ne soit entièrement assemblé.

Tout ce que le président américain a menacé de faire en janvier, en février et en mars va se matérialiser le 3 avril. Ces droits de douane sont quatre à cinq fois plus élevés que la marge de profit des constructeurs automobiles et des fournisseurs. L’industrie ne peut pas encaisser cela », a déclaré à La Presse Flavio Volpe, président de l’Association des fabricants de pièces d’automobile du Canada.

L’industrie va être mise complètement à l’arrêt moins d’une semaine après l’entrée en vigueur de ces tarifs. Et cela va arriver des deux côtés de la frontière.

 Flavio Volpe, président de l’Association des fabricants de pièces d’automobile du Canada

Les droits de douane s’appliqueront à toutes les voitures importées, y compris celles des trois grands du secteur de l’automobile aux États-Unis, Ford, GM et Stellantis, qui ont des usines au Canada et au Mexique, malgré l’accord de libre-échange qui lie les trois pays (ACEUM).

Une industrie importante

L’industrie automobile est un moteur important de l’économie canadienne. En 2023, cette industrie a exporté l’équivalent de 51 milliards de dollars de produits, dont 93 % étaient destinés aux États-Unis. Mais le président américain veut forcer les géants de l’automobile à transférer l’ensemble de leur production sur le sol américain.

C’est très excitant », a déclaré Donald Trump lors d’une conférence de presse de fin de journée à la Maison-Blanche. Selon lui, ces droits de douane vont permettre de construire « de nombreuses usines aux États-Unis » et de créer de nombreux emplois. Il a dit s’attendre à ce que ces droits génèrent des revenus annuels de 100 milliards US.

En soirée, la Maison-Blanche a précisé que les droits de douane de 25 % s’appliqueront sur les pièces qui ne sont pas fabriquées aux États-Unis. Les pièces automobiles qui sont conformes à l’ACEUM resteront exemptées de droits de douane jusqu’à ce que le département du Commerce établisse une procédure d’application des droits de douane à leur contenu non américain.

C’est le début du jour de la libération en Amérique », a dit le président, qui a répété que d’autres droits de douane sont à venir, sur le bois et les produits pharmaceutiques.

Le chef du Parti libéral et premier ministre sortant, Mark Carney, a fait savoir mercredi soir que le Canada prendra les moyens qui s’imposent afin de protéger les travailleurs et les entreprises de l’industrie automobile.

Nous allons défendre nos travailleurs. Nous allons défendre nos entreprises. Nous allons défendre notre pays. Et nous allons le faire ensemble », a déclaré Mark Carney. Il prévoit d’ailleurs réunir dès jeudi le comité du cabinet sur les relations canado-américaines pour évaluer les mesures de rétorsion que pourrait adopter le gouvernement canadien.

Il a aussi indiqué qu’il compte s’entretenir « bientôt » avec le président Donald Trump. Il s’agirait du premier entretien entre les deux leaders depuis sa prestation de serment comme premier ministre le 14 mars.

Tirs groupés des chefs de parti

L’annonce de ces droits de douane est survenue le jour même où Mark Carney, de passage à Windsor, en Ontario, promettait un fonds de 2 milliards de dollars pour venir en aide au secteur canadien de l’automobile.

L’avenir des relations entre le Canada et les États-Unis était déjà l’un des thèmes dominants de cette jeune campagne électorale en raison des droits de douane de 25 % imposés le 12 mars par Donald Trump sur les importations d’acier et d’aluminium, et des multiples déclarations du président américain sur l’annexion du Canada pour en faire le 51État américain.

Voilà que Donald Trump a lancé un nouveau pavé dans la mare mercredi en frappant le secteur automobile canadien ainsi.

Les Canadiens de tout le pays ont surmonté le choc de la trahison des États-Unis et apprennent des leçons. Nous devons prendre soin de nous-mêmes, prendre soin les uns des autres et travailler ensemble les uns pour les autres.

 Mark Carney, chef du Parti libéral et premier ministre sortant

Il a indiqué que le gouvernement du Canada conserve le pouvoir d’imposer des mesures de rétorsion, même en période électorale. Jusqu’ici, le Canada a riposté en imposant des droits de douane de 25 % sur des produits américains totalisant près de 60 milliards de dollars.

De passage à Québec, le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, a condamné les droits de douane. « Trump doit savoir que ses tarifs vont nuire aux travailleurs américains tout comme ils vont nuire aux Canadiens. C’est une attaque contre le plus grand allié que les États-Unis n’ont jamais eu. C’est inacceptable. Nous allons riposter », a-t-il martelé.

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, a réitéré son appel à exclure Donald Trump du Sommet du G7 prévu à Kananaskis, en Alberta, en juin.

« Nous devons riposter contre ces tarifs douaniers imposés par Trump. Il n’y a pas d’apaisement possible. Donald Trump est un tyran qui ne connaît que la force. Nous devons soutenir les travailleurs canadiens de l’automobile et veiller à ce qu’ils reçoivent tout le soutien dont ils ont besoin. Nous ne laisserons pas Trump voler ces emplois. Et nous ne pouvons pas l’inviter au G7 alors qu’il tente de détruire notre économie », a-t-il affirmé.

« Chaos et incertitude »

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, qui joue un rôle de premier plan dans la réplique canadienne aux menaces de Donald Trump, a vivement dénoncé le décret présidentiel.

Le président Trump récidive. Ses tarifs douaniers de 25 % sur les voitures et les camionnettes ne feront qu’augmenter les coûts pour les familles américaines qui travaillent dur. Les marchés américains sont déjà en déclin, car le président sème encore plus de chaos et d’incertitude. Il met en péril les emplois américains », a affirmé M. Ford sur le réseau X.

Lana Payne, présidente du syndicat Unifor, important acteur de l’industrie automobile, a également dénoncé une mesure qui sème « le chaos » dans l’industrie.

Nous ne pouvons pas nous attendre à ce que nos relations commerciales avec les États-Unis redeviennent ce qu’elles étaient. Nous devons forger une nouvelle économie, qui crée et soutienne les emplois canadiens.

 Lana Payne, présidente d’Unifor, dans un communiqué

Le Conseil canadien des affaires, qui plaide pour une renégociation de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) depuis plusieurs mois afin d’éliminer l’incertitude économique, a déploré cette nouvelle salve tarifaire du président américain. « Nous savons que les tarifs douaniers sont des taxes imposées aux consommateurs américains et canadiens, qu’ils aggraveront l’inflation à la consommation et nuiront aux économies des deux pays », a fait savoir le président du CCA, Goldy Hyder, dans une déclaration à La Presse.

Aucune voiture vendue actuellement sur le territoire américain n’est entièrement construite aux États-Unis. Les droits de douane de 25 % risquent donc de faire augmenter considérablement le prix des voitures aux États-Unis.

Selon la firme spécialisée Anderson Economic Group, le coût de production des voitures pourrait augmenter de 3500 $ US à 12 000 $ US, selon la catégorie de véhicules. Les États-Unis ont importé l’an dernier 8 millions de véhicules d’une valeur totale de 244 milliards US, selon le département américain du Commerce. Une riposte est attendue des pays d’Europe, du Japon et de la Corée du Sud, qui vendent beaucoup de voitures aux États-Unis.

Source: la presse

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