Une hausse des coûts ne freinera pas Québec

20 décembre 2023
Une hausse des coûts ne freinera pas Québec

Assahafa.com

Le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, ne craint pas les dépassements de coût du projet de prolongement de la ligne bleue. Il se réalisera coûte que coûte, même s’il est « dispendieux ». L’atteinte des cibles climatiques en matière de transport est « jouable », dit-il, mais il faut augmenter l’offre de service en transport collectif.

« On a réellement pris les décisions pour aller de l’avant dans le dossier. Des ajustements de budget, il y en a dans tous les domaines. C’est un projet réellement sur la bonne voie, mais qui est dispendieux, certainement. Mais, au final, il est attendu et aurait dû être réalisé il y a de nombreuses années », a dit M. Charette en entrevue éditoriale.

Le bilan caquiste en matière de transport collectif n’est pas reluisant. Dans la grande région de Montréal, le REM de l’Est est tombé à l’eau, et le projet de 36 milliards proposé par l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) a été rejeté par Québec.

À Longueuil, une antenne du Réseau express métropolitain (REM) est discutée, mais rien n’a été annoncé puisque les élus municipaux ne s’entendent pas, a expliqué le ministre.

Il y a des discussions avec les élus municipaux pour voir quel serait le tracé optimal. Certains en veulent, d’autres sont moins certains, d’autres le verraient ailleurs.

 Benoit Charette, ministre de l’Environnement

À Québec, le projet de tramway – dont les travaux avaient déjà débuté – a été retiré à la Ville. La facture avait doublé, passant de 4 à 8,4 milliards de dollars. C’est « très, très cher », avait dit le premier ministre. La Caisse de dépôt et placement doit faire une nouvelle proposition en juin.

Hausses de coût

Le projet du prolongement de la ligne bleue a également vu son budget exploser. Il devait initialement coûter 3,9 milliards, il est maintenant évalué à 6,4 milliards.

Mais La Presse a révélé récemment qu’il ne restait plus qu’un seul consortium intéressé par le métro, et que celui-ci a menacé de ne pas soumissionner si le contrat proposé n’était pas modifié de façon importante. La Société de transport de Montréal a d’ailleurs reporté pour la troisième fois l’échéance de dépôt des soumissions, et a diminué de façon importante le niveau de risque auquel s’exposeront les firmes qui creuseront le tunnel de six kilomètres.

Est-ce que la facture gonflera encore ? « Je ne veux pas commenter les budgets de la ligne bleue, ce que je dis, c’est qu’on observe des hausses de coût dans différents projets. Je peux vous confirmer que le gouvernement a pris les décisions nécessaires pour aller de l’avant avec le projet et il est enfin enclenché », a rétorqué le ministre.

Et il reconnaît que son gouvernement doit agir pour que les prochains projets se fassent plus rondement. Il a souligné que la ministre des Transports, Geneviève Guilbault, doit déposer un projet de loi pour créer une agence des transports afin de gérer les projets de transport collectif.

Offre de service

« Je peux aussi vous parler du transport collectif en Outaouais, je peux vous parler de projets qui se discutent dans d’autres régions et qui prennent du temps, le tramway de Québec est un autre bel exemple », a dit M. Charette.

« Quand la population locale est très, très perplexe par rapport aux projets, quand, d’une administration municipale à l’autre, la vision change, quand les budgets sont requestionnés par la suite, ou non confirmés par un des partenaires, ce sont des éléments qui ajoutent des années à des projets, et c’est ce qui pose problème au niveau du développement de l’offre. Ce n’est pas le propre du gouvernement actuel », s’est-il défendu.

M. Charette dit que son gouvernement « croit » au transport collectif, et qu’il aurait préféré que les « milliards » transférés aux sociétés de transport soient investis « dans l’offre de service », mais qu’il y avait « des lacunes à combler ».

Mais pendant ce temps, le Québec ne semble pas aller dans la bonne direction : entre 2018 et 2022, la part des déplacements en auto solo dans la province a augmenté.

Le ministre Charette garde espoir : il croit que le Québec peut réduire de moitié la pollution émise par les véhicules pour atteindre sa cible climatique de 2030. « C’est jouable », a-t-il laissé tomber.

Il mise beaucoup sur l’électrification du parc automobile. Contrairement au ministre de l’Économie et de l’Énergie, Pierre Fitzgibbon, il ne croit pas qu’il faille réduire le nombre de voitures sur les routes pour relever le défi climatique. « Ça ne se calcule pas en nombre de véhicules, ça se calcule en GES, et c’est ma base de référence », a-t-il dit.

M. Charette, lui, montre du doigt une donnée qui sera dévoilée en détail mercredi : depuis 2019, les ventes d’essence ont chuté de 9 %, dit-il. C’est la preuve, selon lui, que son plan fonctionne.

Cela viendra toutefois forcer le gouvernement à modifier tôt ou tard son modèle de financement du transport collectif et de l’entretien du réseau routier, basé sur une taxe sur l’essence. Déjà au printemps, le ministère des Finances prévenait le ministère des Transports que cette situation devait changer.

Cette baisse marquée des ventes de carburant vient modifier l’équation et « ne peut pas être ignorée », a dit M. Charette. « Si j’ai 9 % de moins de vente d’essence, ça veut dire que j’ai “x” d’argent de moins de récolté par la taxe sur l’essence. […] Le modèle actuel est appelé à changer de façon assez importante au niveau de son financement », a-t-il dit. Encore une fois, ce sera à Geneviève Guilbault de trouver les solutions.

Source: La presse

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