Ottawa convoque l’ambassadeur de Chine

4 mai 2023
Ottawa convoque l’ambassadeur de Chine

Assahafa.com

La campagne d’intimidation mise en œuvre par le régime de Xi Jinping contre le conservateur Michael Chong et sa famille vient de valoir une convocation à l’ambassadeur de Pékin au Canada, Cong Peiwu.

La ministre des Affaires étrangères du Canada, Mélanie Joly, l’a annoncé jeudi, en comité, lors d’un échange avec le député Chong. Ce dernier, qui a été victime comme sa famille à Hong Kong de menaces provenant de Pékin, venait de déplorer l’absence à la table du sous-ministre David Morrison.

Si sa chaise était vide, c’était qu’il était occupé ailleurs, lui a dit la cheffe de la diplomatie. « À la lumière des faits révélés par le SCRS, j’ai donné à mon sous-ministre la directive de convoquer l’ambassadeur chinois [Cong Peiwu]. C’est ce qu’il fait au moment où on se parle », a-t-elle indiqué.

Cette convocation survient après la parution, lundi dernier dans le Globe and Mail, d’un article dans lequel on rapporte que Michael Chong et des membres de sa famille ont été la cible de menaces, un stratagème qui a été mis sur pied par un diplomate chinois du consulat de Toronto, Zhao Wei.

L’élu conservateur concerné a exhorté les libéraux de Justin Trudeau à expulser illico le représentant de Pékin. Selon lui, le gouvernement canadien aurait déjà dû lui montrer la porte, d’autant plus que rien ne l’empêche de le faire, a-t-il insisté.

« Ce diplomate aurait déjà dû être expulsé. À mon avis, le gouvernement n’a d’autre choix que de le déclarer persona non grata. […] S’il ne le fait pas, il envoie au monde le message que le Canada est ouvert à ce genre d’ingérence, et qu’il n’y a aucune conséquence », a insisté le député Chong en entrevue, mercredi.

La ministre Joly a réitéré jeudi devant un comité de la Chambre des communes que « toutes les options étaient sur la table » et affirmé que le gouvernement examinait quelles pouvaient être les « conséquences » pour sanctionner « ce comportement ».

Elle a toutefois signalé qu’Ottawa craignait des représailles de Pékin. « Je pense qu’il est important que les Canadiens sachent, ce que nous avons appris de l’expérience des deux Michael, c’est que […] la République populaire de Chine prendra des mesures », a-t-elle argué.

Pékin nie

L’ambassade de la Chine au Canada a démenti toute forme de tentative d’ingérence.

Les « politiciens et les médias », selon ce qu’a assuré la mission de Pékin sur son site web, « ont faussement affirmé que les responsables consulaires chinois au Canada avaient proféré de soi-disant menaces » contre un député canadien et de ses proches.

« C’est de la pure manipulation politique », a-t-on pesté dans une déclaration publiée sur le site web.

Le SCRS confirme des stratagèmes chinois

Les actions perturbatrices chinoises en sol canadien sont documentées dans le rapport annuel de 2022 qu’a déposé le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) jeudi à la Chambre des communes. On y fait état d’intimidation, et de l’installation de « postes de police » chinois au Canada, entre autres.

« En 2022, il a été signalé que des divisions subnationales du ministère de la Sécurité publique (MSP) de la République populaire de Chine (RPC) avaient installé trois « postes de police » au Canada, sans y avoir été autorisées par le gouvernement canadien », lit-on dans le rapport.

On a aussi vu « des représentants de divers organismes d’enquête chinois » venir au Canada, « souvent sans en informer les forces de l’ordre locales », pour menacer ou intimider afin de « tenter d’obliger des citoyens et des résidents permanents du Canada d’origine chinoise soi-disant en fuite à retourner en RPC », écrit-on.

Des spécialistes en sécurité nationale sont d’avis que pour contrer ce phénomène, le gouvernement doit se doter d’un registre d’agents étrangers. Le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, a lancé des consultations à ce sujet.

Trudeau n’aurait pas été informé

Ce même SCRS a documenté l’affaire Chong dans un rapport secret produit en juillet 2021. Après qu’il eut fait l’objet d’une fuite dans le Globe and Mail, lundi, le directeur de l’agence, David Vigneault, en a lu les extraits pertinents au principal concerné lors d’une rencontre organisée par Justin Trudeau, mardi.

Le lendemain, le premier ministre disait que le SCRS n’avait pas informé le gouvernement de la campagne d’intimidation dont le député et les membres de sa famille faisaient l’objet. Il a aussi assuré avoir appris l’affaire lundi, dans les médias.

« Nous avons demandé ce qui était arrivé avec cette information, si elle était sortie du SCRS. Elle ne l’a pas été. Le SCRS a déterminé que ce n’était pas quelque chose qui méritait d’être communiqué à de plus hauts niveaux, parce que ce n’était pas une préoccupation assez sérieuse », a-t-il déclaré.

Une directive a été émise pour corriger le tir immédiatement, a aussi dit le premier ministre.

Source: La presse

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