Un niveau nouveau rapport du think tank américain “Stimson Center” présente le Maroc comme une puissance émergente aux potentialités illimitées

17 mai 2026
Un niveau nouveau rapport du think tank américain “Stimson Center” présente le Maroc comme une puissance émergente aux potentialités illimitées

Assahafa.com

​Le think tank américain Stimson Center vient de publier un rapport consacré au Maroc sous le titre “ Morocco Country Policy Report” (Mai 2026).

Le rapport dresse un bilan largement ambitieux du statut du Maroc comme puissance émergente aux plans régional et et international. Il s’attarde, chemin faisant, à analyser les vecteurs politiques, diplomatiques, économiques, industriels et sécuritaires qui ont permis au Royaume de se positionner comme acteur incontournable et partenaire fiable des grandes puissances mondiales ainsi qu’à se démarquer par sa stabilité et sa prospérité au sien d’ une région du globe pourtant assujettie aux aléas des tensions politiques et victime d’une insécurité frappante.

“Assahafa” se propose d’énumérer les différents points clés du rapport :

​1. Transformation industrielle et énergétique majeure

​Le Maroc a opéré un virage spectaculaire vers la production industrielle à haute valeur ajoutée. Il est aujourd’hui le premier producteur automobile d’Afrique, attirant des investissements internationaux massifs grâce à la création de zones franches et d’écosystèmes intégrés (automobile, aéronautique, électronique).

​Sur le plan énergétique, le pays s’affirme comme un leader de la transition verte grâce à l’accélération de ses projets de décarbonation et d’hydrogène vert. De plus, sa récente signature de la Déclaration de Paris sur le financement du nucléaire marque sa volonté d’explorer l’énergie nucléaire civile pour diversifier durablement son mix à long terme.

​2. Performances macroéconomiques et infrastructures de rang mondial

​Soutenu par des projets d’infrastructure d’envergure (à l’instar du complexe portuaire Tanger Med) et une reprise agricole, le PIB réel du Maroc a bondi à 4,9 % en 2025 (contre 3,2 % en 2024), avec des prévisions solides à 4,4 % pour 2026.

​L’inflation a été brillamment maîtrisée, chutant de 6,1 % en 2023 à 0,8 % en 2025, permettant à la banque centrale (Bank Al-Maghrib) de maintenir une politique monétaire stable. L’efficience de ses investissements logistiques a considérablement renforcé sa connectivité aux chaînes de valeur mondiales.

Voici les points clés mis en évidence par le rapport à ce sujet :

​3. Victoire diplomatique et multilatérale majeure dans le dossier du Sahara marocain

​Le rapport qualifie les récents développements autour du dossier du Sahara de « victoires multilatérales significatives » pour Rabat. Il met notamment en avant :

​A.Intégration territoriale et géographique ​sur fond d’un développement socio-économique accéléré des Provinces du Sud

​Sur le plan de la description géographique et de la structure du pays, le rapport intègre pleinement la région dans la configuration territoriale globale du Royaume.

​Il note que la superficie territoriale totale du Maroc s’étend sur 710 850 km², en spécifiant explicitement que cela englobe à la fois le territoire septentrional et les Provinces du Sud (le Sahara).

​Les caractéristiques géographiques de cette zone (climat désertique, stress hydrique et températures extrêmes) y sont analysées au même titre que les autres régions dans l’évaluation des défis climatiques globaux du pays.

​Sur le plan interne, le rapport aborde le Sahara sous l’angle de l’intégration territoriale. Le think tank y décrit les Provinces du Sud non pas comme une périphérie, mais comme une extension majeure de la politique des grands travaux de l’État :

​Infrastructures logistiques de premier plan : À l’image du modèle de réussite de Tanger Med au Nord, l’État déploie de massifs investissements publics pour doter le Sud de hubs logistiques (notamment le mégaprojet du port Dakhla Atlantique). L’objectif est de connecter directement ces provinces aux marchés d’Afrique subsaharienne et d’Amérique latine, transformant la région en véritable pont commercial.

​Le virage vers les Énergies Renouvelables : Le rapport note que les Provinces du Sud sont au cœur de la stratégie du Maroc pour devenir un leader mondial de l’hydrogène vert et des énergies propres. Grâce à leur exposition exceptionnelle (solaire et éolienne), ces régions accueillent des projets industriels de décarbonation majeurs qui attirent des capitaux étrangers.

​Intégration et services publics : Le développement des infrastructures routières (comme la voie rapide Tiznit-Dakhla) et l’extension des filets sociaux (couverture médicale universelle, projets de réduction des disparités régionales) sont analysés comme des moteurs d’intégration socio-économique, contribuant à améliorer les indicateurs de développement humain locaux.

​B. Une « diplomatie transactionnelle » réussie / multiplications des reconnaissances internationales et forte dynamique de soutien au Plan d’Autonomie

​Le rapport analyse la stratégie internationale du Maroc sous le concept de « transactionnalité stratégique ». Le soutien à sa souveraineté sur le Sahara est devenu la clé de voûte et le prisme à travers lequel le Royaume noue, conditionne ou redéfinit ses partenariats économiques et sécuritaires avec les grandes puissances mondiales et européennes.

​AInsi, le think tank souligne que la politique étrangère du Maroc, menée de manière disciplinée et rigoureuse sous l’égide du Roi Mohammed VI, a profondément remodelé l’architecture stratégique du Maghreb. Le rapport met l’accent sur les points suivants :

​L’effet d’entraînement des Accords d’Abraham : Le rapport rappelle que la reconnaissance par les États-Unis en 2020 a marqué un point de bascule historique. Loin de s’essouffler, cette dynamique s’est consolidée au fil des ans, poussant de nombreuses autres puissances à clarifier ou à aligner leur position sur celle de Rabat.

​Le pivot des puissances européennes : Le rapport de l’institut intègre le fait que le soutien au plan d’autonomie marocain (proposé en 2007) est désormais considéré par une part croissante de la communauté internationale comme la seule base réaliste, sérieuse et crédible pour clore définitivement ce différend. Des pays européens majeurs (à l’instar de l’Espagne, de l’Allemagne et plus récemment de la France) ont officiellement adoubé cette feuille de route, ce qui a isolé la position du Front Polisario et de ses soutiens sur l’échiquier international.

​La légitimité onusienne renforcée : Le rapport mentionne l’évolution des textes du Conseil de sécurité de l’ONU, qui intègrent de manière de plus en plus explicite la prééminence des initiatives marocaines dans le processus politique.

4. Le contraste de la « transactionnalité stratégique » / analyse comparative des postures marocaine et algérienne

​Le rapport oppose directement les doctrines diplomatiques des deux pays :

​D’un côté, le Maroc applique avec succès une doctrine de « transactionnalité stratégique ». Sous la direction du Roi Mohammed VI, Rabat a su lier ses intérêts sécuritaires et territoriaux (notamment sur le dossier du Sahara) à des partenariats économiques concrets et mutuellement bénéfiques avec les grandes puissances (États-Unis, pays de l’Union européenne, pays du Golfe).

​De l’autre côté, l’Algérie est perçue comme étant restée figée dans une approche diplomatique plus traditionnelle, héritée de la guerre froide, qui peine à s’adapter aux nouvelles réalités des relations internationales. Cette rigidité idéologique contribue à détacher progressivement Alger des grands pôles de décision mondiaux.

​A. L’effet de cascade des soutiens au plan d’autonomie marocain
​L’isolement de l’Algérie est particulièrement visible à travers l’évolution des positions européennes et africaines sur la question du Sahara. Le rapport souligne que la diplomatie algérienne a subi de sérieux revers à mesure que des acteurs clés pivots ont basculé en faveur du Maroc :

​Le pivot européen : Des partenaires économiques et énergétiques historiques de l’Algérie, tels que l’Espagne, l’Allemagne et la France, ont officiellement reconnu le plan d’autonomie marocain comme la seule base réaliste de règlement. Le rapport note que les tentatives d’Alger d’utiliser le levier énergétique (le gaz) pour faire pression ou punir ces pays (comme cela a été tenté avec Madrid) ont largement échoué, nuisant à sa réputation de partenaire stable sans pour autant inverser la tendance diplomatique.

​La dynamique africaine : L’ouverture successive de dizaines de consulats généraux de pays africains et arabes à Laâyoune et Dakhla démontre, selon le rapport, une perte flagrante d’influence de l’axe Alger-Polisario au sein de l’Union Africaine et sur le continent.

​B. Une posture défensive face aux alliances sécuritaires du Maroc
​Le rapport du Stimson Center met en évidence l’anxiété géopolitique de l’Algérie face à l’intégration du Maroc dans de nouveaux réseaux de sécurité globaux.
​La consolidation des Accords d’Abraham et le renforcement de la coopération sécuritaire et militaire entre le Maroc et Israël sont perçus par Alger comme un encerclement stratégique.

​Plutôt que de répondre par une ouverture ou une diversification de ses propres alliances, l’Algérie s’est repliée sur une posture défensive, augmentant massivement son budget militaire et se focalisant sur sa relation étroite avec la Russie, un alignement qui s’avère de plus en plus difficile à capitaliser diplomatiquement sur la scène internationale actuelle.

​C. Le blocage de l’intégration maghrébine
​Enfin, le rapport souligne que cette rupture des relations diplomatiques (initiée par Alger en 2021) et la fermeture des frontières et de l’espace aérien maintiennent le Maghreb dans un état de fragmentation totale. Dans ce contexte de non-coopération, c’est l’Algérie qui apparaît comme la plus déconnectée des grands flux économiques régionaux, alors que le Maroc réussit à contourner ce blocage en se projetant comme le hub logistique et maritime incontournable reliant l’Europe à l’Afrique subsaharienne (notamment via le port Tanger Med et le futur port Dakhla Atlantique).

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