Les oubliées des terres fertiles : le prix humain de l’agriculture d’export

6 mai 2026
Les oubliées des terres fertiles : le prix humain de l’agriculture d’export

Assahafa.com

La ville d’Agadir a accueilli, le samedi 2 mai 2026, une journée d’étude sous le thème : « Les ouvrières agricoles entre contraintes de la précarité et exigences du développement territorial intégré ». Organisée par l’Organisation des Femmes Harakies (OFH), en partenariat avec le secrétariat provincial du parti à Agadir, cette rencontre a réuni des acteurs politiques, des chercheurs et des universitaires pour lever le voile sur les conditions de vie et de travail des femmes dans le secteur agricole, particulièrement dans la région de Souss-Massa.

​Un réquisitoire contre la précarité

​Lors de la séance d’ouverture, Abderrahim Noufissou, secrétaire régional du parti dans le Souss-Massa, a livré une intervention marquante par sa franchise. Selon lui, la réalité des ouvrières agricoles «ne supporte plus de simples descriptions ; elle impose une véritable remise en question des politiques publiques qui, malgré les années, n’ont pas eu d’impact positif sur cette catégorie sociale». Il a martelé qu’une agriculture affichant des chiffres record à l’export «ne peut prospérer au détriment de la dignité des femmes qui en constituent la colonne vertébrale».

Abderrahim ​Noufissou a précisé que la problématique dépasse désormais la question des bas salaires ou de l’insécurité du transport : ​«C’est toute une structure qui doit être revue, des conditions de travail à la protection sociale, en passant par la corrélation entre responsabilité et reddition de comptes concernant l’application des lois.»

​Il a ainsi appelé à une refonte des modèles de gestion agricole pour garantir une réelle justice spatiale et sociale, estimant que le développement territorial perd son sens lorsqu’il exclut l’élément humain essentiel.

​Un pilier du secteur sous-valorisé

​De son côté, Khadija El Gour, présidente de l’Organisation des Femmes Harakies, a rappelé que les femmes représentent la moitié de la main-d’œuvre du secteur. Elle a souligné qu’il est impossible de parler de «développement intégré» tant que persistent des fléaux tels que le transport non sécurisé, l’absence de couverture sociale et la faiblesse des rémunérations.

​Zouhair Amana, secrétaire provincial du parti à Agadir Ida-Outanane, a quant à lui assuré que ce dossier demeurera une priorité pour sa formation politique, insistant sur la nécessité de poursuivre le plaidoyer pour l’amélioration des conditions de vie de ces travailleuses.

​Analyses sociologiques et juridiques

​La journée a été marquée par la projection d’un documentaire poignant illustrant le quotidien des ouvrières dans les champs, suivi d’une session scientifique riche :

​La chercheuse Fatim-Zahra Ghattous est intervenue sur le thème : «Le travail agricole féminin entre durabilité des exploitations et précarité de la structure familiale au Maroc», s’appuyant sur des données sociologiques de terrain.

​Le professeur Hassan Boukechich a analysé «Le droit au travail : entre garanties juridiques, capacités économiques et protection sociale», pointant du doigt les lacunes législatives actuelles.

​La rencontre s’est clôturée par un débat général, alors que la pression de l’opinion publique s’intensifie pour que les enjeux de développement agricole rejoignent enfin ceux de la justice sociale dans la région de Souss-Massa. Tous les regards sont désormais tournés vers l’exécutif pour la traduction de ces réflexions en mesures concrètes sur le terrain.

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