CNN met en avant la stratégie judicieuse du Maroc en matière de dessalement de l’eau de mer

13 juin 2026
CNN met en avant la stratégie judicieuse du Maroc en matière de dessalement de l’eau de mer

Assahafa.com

La chaîne américaine CNN a mis en exergue la stratégie judicieuse du Maroc en matière de dessalement de l’eau de mer, dans un contexte où un nombre croissant de pays à travers le monde, notamment en Afrique, se tournent vers le dessalement pour faire face au stress hydrique et aux épisodes prolongés de sécheresse engendrés par les dérèglements climatiques.

Dans un article sur son site internet sous le titre « La réponse du Maroc à la sécheresse se trouve dans l’océan. D’autres pays africains pourraient-ils suivre son exemple ? », CNN relève que le Royaume ambitionne de couvrir 60 % de ses besoins en eau potable grâce au dessalement de l’eau de mer à l’horizon 2030.

La chaîne relève que la politique de dessalement du Royaume s’inscrit dans le cadre d’un plan national plus vaste (Programme national pour l’approvisionnement en eau potable et l’irrigation) doté d’un budget de près de 14 milliards de dollars, qui finance également la construction de barrages, la réutilisation des eaux usées et un réseau d' »autoroutes de l’eau », qui acheminent les excédents d’eau de pluie des bassins du nord vers les régions plus arides du sud.

A cet égard, la chaîne américaine met en avant le projet de réalisation de la station de dessalement de Casablanca-Settat, pour un coût de 650 millions de dollars, la plus grande d’Afrique mais aussi la plus grande au monde à fonctionner entièrement à l’énergie renouvelable.

Cette infrastructure devrait entrer en service par phases entre 2027 et 2028, ajoute-t-on, précisant qu’à pleine capacité, elle produira près de 300 milliards de litres d’eau potable par an, permettant d’approvisionner 7,5 millions de personnes dans la région de Casablanca et d’irriguer près de 8.100 hectares de terres agricoles.

« Il ne suffit plus de compter exclusivement sur les précipitations et les apports des barrages. Ce à quoi nous assistons, c’est une transformation structurelle du cycle climatique », a déclaré à CNN le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka.

« Le Maroc exploite déjà 17 stations de dessalement, qui produisent plus de 408 milliards de litres d’eau par an – soit neuf fois plus qu’en 2021 – et 11 autres sont en projet ou en cours de construction », a expliqué M. Baraka.

Le Royaume, relève encore CNN, prévoit de coupler les nouvelles usines de dessalement au développement de parcs éoliens et solaires, en tirant parti du vaste potentiel du pays en matière d’énergies renouvelables.

« L’objectif est double », a fait valoir M. Baraka. « Premièrement, réduire les coûts d’exploitation à long terme, et deuxièmement, minimiser l’empreinte carbone de la production d’eau ».

La chaîne américaine relève que la stratégie du Maroc consiste à utiliser l’eau dessalée pour l’approvisionnement en eau potable et l’irrigation dans les villes côtières, tandis que les eaux des barrages et les précipitations sont destinées aux zones intérieures, notamment les exploitations agricoles et les oasis les plus vulnérables à la sécheresse.

L’article relève également que cette politique s’inscrit dans le cadre du Programme national pour l’approvisionnement en eau potable et l’irrigation 2020-2027, doté d’un budget de 14,5 milliards de dollars, qui comprend aussi la construction de barrages, la réutilisation des eaux usées et le développement d’un réseau de transfert des ressources hydriques entre différentes régions du pays.

CNN fait observer que, lors du Congrès mondial de l’eau organisé à Marrakech, M. Baraka avait souligné que l’objectif du Maroc n’était pas de proposer « un modèle unique à copier », mais de partager « l’expérience, le savoir-faire et les solutions pratiques pouvant être adaptées aux besoins spécifiques de chaque pays ».

Cité dans le même article, Youssef Brouziyne, représentant régional de l’Institut international de gestion de l’eau pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, a estimé que le modèle marocain ne se limite pas aux mégaprojets de dessalement, mais englobe l’ensemble des dispositifs qui les accompagnent, allant de la mise en place d’un cadre juridique approprié à la planification à long terme.

Selon lui, « la sécurité hydrique à long terme ne consiste pas seulement à produire plus de mètres cubes », mais suppose également de générer « plus de résilience, plus de valeur et plus d’équité par mètre cube ».

Source: map

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