« Ce n’est pas à la Russie de choisir » l’avenir de l’Ukraine, dit Carney à Kiev

25 août 2025
« Ce n’est pas à la Russie de choisir » l’avenir de l’Ukraine, dit Carney à Kiev

Assahafa.com

Le premier ministre, Mark Carney, était dimanche l’invité d’honneur de Volodymyr Zelensky pour les cérémonies officielles soulignant le 34e anniversaire de l’indépendance de l’Ukraine, sur la place Sofia, à Kiev. À cette occasion, il s’est fermement opposé aux doléances russes.

Ce n’est pas la Russie qui choisit comment garantir la future souveraineté, l’indépendance et la liberté de l’Ukraine. C’est le choix de l’Ukraine. Et les décisions des partenaires, a déclaré le premier ministre à la conférence conjointe qui a suivi la rencontre entre les deux dirigeants.

Il a par la suite précisé que des discussions étaient en cours pour assurer la sécurité de l’Ukraine sur terre, dans les airs et en mer, et que le Canada n’excluait pas d’envoyer des troupes sur le terrain dans une éventuelle mission de maintien de la paix, si la Russie et l’Ukraine s’entendaient pour cesser les hostilités.

Avant cette conférence de presse, les deux pays ont publié une déclaration commune réitérant le fait qu’un processus de paix passe avant tout par l’établissement d’un cessez-le-feu immédiat, complet et inconditionnel à titre de première étape, ainsi que le respect des frontières internationalement reconnues de l’Ukraine et la mise en œuvre des réformes nécessaires à l’adhésion complète du pays à l’OTAN.

Il s’agit de demandes diamétralement opposées à celle de la Russie, qui réclame notamment que l’Ukraine lui cède quatre régions partiellement occupées, en plus de la Crimée annexée en 2014, et renonce à intégrer l’Alliance atlantique. Moscou s’oppose également à la possibilité d’un déploiement d’un contingent européen en sol ukrainien.

Carney salue le leadership de Trump

Il s’agit de la première visite de Mark Carney en Ukraine, alors qu’à l’international, les pourparlers s’intensifient pour mettre fin aux hostilités avec la Russie et garantir la sécurité de l’Ukraine.

Nous sommes à un moment critique de ce combat acharné. Le soutien de la communauté internationale doit s’intensifier. Le moment est venu d’agir et de prendre les devants. C’est pourquoi je suis ici aujourd’hui, en Ukraine.

Une citation deMark Carney, premier ministre canadien

Dans son discours sur la place Sofia, Mark Carney a salué à deux reprises le leadership du président américain, Donald Trump, dans les négociations de paix entre Kiev et Moscou.

M. Trump a rencontré le président russe, Vladimir Poutine, en Alaska au début du mois, puis a reçu M. Zelensky et d’autres dirigeants européens à la Maison-Blanche.

Il y a plusieurs messages dans cette visite-là de M. Carney, et l’un des messages, c’est que le Canada doit être un joueur actif à cette table de négociation et qu’on ne veut pas seller le sort de l’Ukraine sans que le Canada ne soit consulté d’une façon ou d’une autre, a expliqué l’analyste Yves Malo en entrevue à l’émission D’abord l’info, sur ICI RDI.

Aide militaire

Mark Carney était arrivé à l’aube dans la capitale ukrainienne, après un voyage secret de huit heures en train au départ de la Pologne.

Le premier ministre a été le seul dirigeant étranger à prendre la parole aux côtés de Volodymr Zelensky pendant les célébrations de la fête de l’Indépendance.

Monsieur le président, chers amis, mon message aujourd’hui est simple : le Canada sera toujours solidaire de l’Ukraine, a-t-il déclaré en début de journée.

Nous serons toujours à vos côtés, afin que vos nombreux sacrifices mènent à la paix, à la sécurité et à la prospérité que tous les Ukrainiens, et tous les peuples, méritent.

Une citation deMark Carney, premier ministre canadien

Le premier ministre a d’ailleurs souligné que le Canada a été le premier pays occidental à reconnaître l’indépendance de l’Ukraine de l’Union soviétique en 1991, sous le gouvernement de l’ancien premier ministre Brian Mulroney.

M. Carney a aussi profité de sa visite à Kiev pour préciser la ventilation des 2,3 milliards $ d’aide militaire, financière et humanitaire à l’Ukraine, annoncés au sommet du G7, en Alberta, au printemps dernier.

Plus d’un milliard de dollars de cette aide seront fournis sous forme de drones, de munitions et de véhicules blindés, a-t-il précisé. Une somme supplémentaire de 680 millions $ servira à financer un lot d’équipement militaire américain jugé prioritaire par l’OTAN, dont du matériel de défense aérienne, qui sera livré à l’Ukraine le mois prochain.

« Les drones arrivent en tête de liste de nos priorités vis-à-vis du Canada », a déclaré M. Zelensky en conférence de presse. Ils permettent de conduire des attaques de riposte, sont utiles en matière de défense et permettent de préserver nos troupes sur le terrain, a ajouté le président ukrainien en remerciant le Canada, qui compte plus d’un million d’Ukrainiens sur son sol.

Selon nos informations, le gouvernement canadien travaille également à établir un nouveau partenariat de défense avec une entreprise de fabrication de drones militaires.

Cette entreprise, dont le nom demeure secret pour des raisons de sécurité, possède des installations en Ukraine et pourrait déménager une partie de sa production en sol canadien.

Quelque 31 millions $ seront en outre consacrés à l’aide humanitaire et à des investissements pour lutter contre les attaques numériques.

Ottawa a aussi officiellement emboîté le pas à l’Union européenne et abaissé le prix plafond du baril de pétrole brut d’origine russe transporté par voie maritime afin de restreindre davantage les efforts de guerre de la Russie.

Cette baisse du prix plafond (de 60 $ US à 47,60 $ US le baril) affaiblira la capacité de la Russie à financer sa guerre injustifiée et exercera une pression accrue sur son appareil militaire, affirme Ottawa dans une déclaration.

Dans une perspective de reprise économique, les deux hommes ont aussi discuté de projets conjoints concernant l’hydroélectricité, de petits réacteurs modulaires ainsi que le secteur pétrolier et gazier. Le Canada et l’Ukraine ont signé un accord de libre-échange entré en vigueur le 1er juillet 2024.

Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, le Canada a fourni une aide de près de 22 milliards $ à l’Ukraine.

Cet arrêt à Kiev survient alors que le premier ministre doit se rendre à Varsovie, Berlin et Riga, de lundi à mercredi. Cette tournée européenne vise principalement à diversifier les perspectives commerciales du Canada dans un contexte de guerre tarifaire avec les États-Unis, ainsi qu’à renforcer les liens militaires et de sécurité avec le Vieux Continent.

Source: Radio Canada

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