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Abderrahmane Adraoui
Depuis quelque temps, les observateurs de la vie politique et médiatique constatent une montée en puissance d’un ton subtilement hostile envers le Royaume du Maroc dans certains médias français, notamment dans des quotidiens et magazines prestigieux comme Le Monde et L’Express.
Ce ton ne saurait être considéré comme une simple coïncidence éditoriale ou une divergence d’opinions, mais plutôt comme une stratégie médiatique calculée, fondée sur un principe à la fois ancien et nouveau : empoisonner l’opinion publique.

D’une part, ces médias n’hésitent pas à publier des articles très critiques visant personnellement le roi Mohammed VI, le tenant responsable des déséquilibres politiques, économiques et sociaux, et allant parfois jusqu’à remettre en question sa gestion des affaires de l’État, d’une manière qui dépasse le cadre de la critique journalistique pour devenir une attaque politique directe.

D’un autre côté, et presque simultanément, on lit dans les mêmes journaux d’autres articles dithyrambiques sur le prince héritier Moulay Hassan, le présentant comme un « prince moderne » et « le visage moderne du Maroc », soulignant son autorité protocolaire, sa formation universitaire et son calme.

Cette contradiction flagrante soulève une question légitime : assistons-nous à un intérêt médiatique innocent ou à une tentative française subtile d’influencer l’avenir du pouvoir au Maroc ?
Des éloges non dénués d’arrière-pensées…
Les louanges excessives adressées au prince héritier ne semblent pas provenir d’une affection sincère, mais suggèrent plutôt un message politique : « la France a d’autres options », ou encore qu’elle mise davantage sur l’avenir que sur le présent.
Ce discours, en substance, sert l’idée d’une transition du pouvoir en douceur, non par un coup d’État ou une pression directe, mais en préparant l’opinion publique, tant au niveau national qu’international, à accepter un scénario précis.
La France, qui a perdu une grande partie de son influence traditionnelle en Afrique et qui connaît des tensions sans précédent dans ses relations avec les pays du Sahel et du Maghreb, semble devoir revoir ses priorités, et le Maroc n’échappe pas à cette logique.
La souveraineté marocaine n’est pas négociable…
Cependant, ce que les tenants de ce discours à Paris semblent oublier, c’est que le Maroc est un État souverain et que ses institutions ne sont pas le fruit d’un éditorial de journal ou d’une analyse de magazine. De plus, les Marocains, qui ont historiquement subi la duplicité de la rhétorique française, sont désormais plus conscients des mécanismes de manipulation du soft power par les médias et plus sensibles à toute tentative de saper leur stabilité ou leurs choix souverains.
La critique constructive est la bienvenue, mais le ciblage sélectif, les éloges hypocrites et l’exploitation des contradictions au sein de la hiérarchie étatique ne sauraient être considérés comme du journalisme honnête ; il s’agit plutôt d’une manipulation politique par les médias.
Ce que font aujourd’hui certains médias français n’est rien d’autre qu’une diabolisation déguisée en flatterie, une tentative d’influencer le cours d’un pays qui a choisi il y a des années de diversifier ses partenariats et de s’ouvrir à un monde multipolaire.
Si Paris compte sur les médias pour modifier l’équilibre des pouvoirs, il ignore une évidence : le Maroc a changé… et n’est plus gouverné depuis des bureaux parisiens.














