Des méthodes d’espionnage « potentiellement systémiques »

26 juillet 2024
Des méthodes d’espionnage « potentiellement systémiques »

Assahafa.com

La situation continue de s’aggraver pour Canada Soccer. Vendredi après-midi, presque 12 heures après avoir suspendu l’entraîneuse-chef Bev Priestman pour son implication dans le scandale d’espionnage par drone qui ébranle la délégation canadienne depuis le début de la semaine, la fédération nationale a confirmé que l’utilisation de telles méthodes « remonterait à plusieurs années ».

C’est le président et directeur général de Canada Soccer, Kevin Blue, qui s’est expliqué par Zoom, de Saint-Étienne en France, lors d’une séance médiatique imprévue.

Depuis mardi, les yeux du monde entier sont tournés vers son organisation, coupable d’avoir utilisé un drone pour espionner deux séances d’entraînement de l’équipe féminine de la Nouvelle-Zélande. Depuis, deux membres de l’équipe d’analyse, ainsi que l’entraîneuse-chef, ont été renvoyés à la maison.

Cependant, Blue a entamé sa conférence de presse avec une information encore plus importante : « J’ai reçu de nouvelles informations […] qui me donnent raison de croire que ce genre de méthode était potentiellement systémique au sein de l’organisation. »

Selon lui, « la situation serait beaucoup plus complexe » qu’il ne le croyait à l’origine.

Il a confirmé ne pas savoir depuis quand Canada Soccer employait ce type de procédés interdits, mais il est déterminé à aller jusqu’au bout de cette histoire grâce à l’enquête indépendante qui sera mise en place.

ésident et directeur général de Canada Soccer, Kevin Blue

Ce qu’on veut savoir, c’est à quel point ça faisait partie de la culture et comment ça aura eu une influence sur le leadership de ce programme. Et je pense que comprendre cette dynamique est un élément clé.

 Kevin Blue, président et directeur général de Canada Soccer

Pour le moment, il se dit néanmoins « inquiet » d’apprendre comment ces pratiques « inacceptables » semblaient être intégrées dans la manière de faire du programme canadien, et ce, depuis longtemps. « Je reçois de plus en plus d’anecdotes liées à ces pratiques dans le passé », a poursuivi Blue.

Dans l’équipe masculine

Quelques instants plus tard, Blue a déclenché une autre onde de choc : « J’ai reçu des informations concernant les deux programmes. Je sais, par exemple, que l’équipe masculine a essayé d’employer le même stratagème, avec un drone, lors de la dernière Copa América. »

Il y a deux semaines, l’équipe masculine canadienne de soccer a atteint la demi-finale de ce tournoi d’envergure.

D’après Blue, Jesse Marsch, entraîneur-chef de l’équipe masculine depuis mai, a été mis au courant des pratiques d’espionnage et a immédiatement « dénoncé ce genre d’agissements auprès de ses collègues ». Marsh est arrivé en relève à John Herdman, qui a quitté la fédération pour se joindre au Toronto FC, dans la MLS.

À son avis, et à la lueur des informations qui lui sont parvenues, « il n’y avait pas de risque que les manœuvres aient un impact sur le résultat du match », estime Blue, car « ça s’est fait différemment de ce qu’on a vu ici ».

C’est donc dire que les deux responsables des programmes masculin et féminin savaient que l’institution pour laquelle ils travaillaient utilisait des méthodes illégales dans le but d’avoir un avantage sur leurs rivaux.

Blue a toutefois refusé de jeter l’entièreté du blâme sur Priestman et Marsch, puisque « cela remonterait à plusieurs années, bien avant [son] arrivée et celle des deux entraîneurs-chefs ».

Épargner les joueuses

À ce stade où les informations arrivent au compte-gouttes, Kevin Blue demande en priorité qu’on épargne les joueuses de l’équipe canadienne. « Les joueuses n’ont rien à se reprocher sur le plan éthique », a-t-il déclaré.

Canada Soccer a d’ailleurs demandé à la FIFA de prendre cette requête en considération pour « d’éventuelles sanctions ».

Blue estime que de « retirer des points aux joueuses pendant le tournoi serait injuste, surtout en raison de la rapidité et de l’efficacité avec lesquelles nous avons géré cette situation ».

Les Canadiennes ont remporté leur match d’entrée aux Jeux de Paris par la marque de 2-1, jeudi, face à la Nouvelle-Zélande. Elles affronteront la France dimanche.

Le PDG maintient que « les joueuses actuelles de l’équipe, ici à ces Jeux, n’ont rien à voir avec les agissements de la fédération ». « Je ne peux pas confirmer si les joueuses des années précédentes ont vu ou non des vidéos. Mais les joueuses actuelles ne sont pas impliquées. »

Andy Spence ne savait pas

Lorsque le Comité olympique canadien a informé les médias de la suspension de Priestman dans la nuit de jeudi à vendredi, il a du même coup annoncé que l’entraîneur adjoint Andy Spence allait assurer l’intérim jusqu’à la fin de l’enquête indépendante.

Je ne pense pas qu’Andy était au courant. C’est tout ce que je dirai », a répondu Kevin Blue, sèchement, lorsqu’il a été questionné sur l’implication de Spence dans le scandale.

Pour la suite, seul le bilan de l’enquête pourra répondre aux questions de Blue. Actuellement, il ne fait que constater les dégâts. Arrivé en poste en février, après trois ans comme directeur sportif de Golf Canada, Blue a répété à plusieurs reprises que la fédération « s’ajustera en fonction de la conclusion de l’enquête ».

En attendant, cette controverse attire la curiosité du monde entier, comme l’a prouvé l’achalandage sur la plateforme Zoom.

Il n’a pas vraiment été question, durant les 30 minutes qu’a duré l’appel, de la légitimité de la victoire olympique des Canadiennes lors des Jeux de 2021, mais sur les réseaux sociaux, il en est grandement question.

Stephanie Labbé, gardienne lors de la conquête, a imploré ses abonnés de « ne pas confondre une excellente performance de [sa] part avec de la tricherie ».

Les commentaires et les réactions devraient s’accumuler au cours des prochains jours, alors que les rebondissements dans cette histoire se font de plus en plus nombreux. Et ce, même si les Jeux olympiques ne sont même pas encore commencés.

Source: la presse

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