Ottawa financera la démolition d’anciens pensionnats pour Autochtones

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10 août 2021
Ottawa financera la démolition d’anciens pensionnats pour Autochtones

Assahafa.com

Le gouvernement Trudeau s’apprête à dévoiler sa réponse à l’onde de choc causée à travers le pays par les découvertes de centaines de corps près d’anciens pensionnats pour Autochtones.

Selon des informations obtenues par Radio-Canada, le gouvernement promettra, cette semaine, d’investir dans la démolition d’anciens pensionnats qui sont encore en place, si tel est le désir des communautés locales.

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La grande majorité des pensionnats qui ont existé au pays ont déjà été détruits ou ont trouvé une nouvelle vocation. Toutefois, le gouvernement fédéral aidera les communautés qui veulent détruire ou remplacer ces immeubles dans une douzaine de lieux au pays.

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Ottawa annoncera aussi l’érection d’un monument national à la mémoire des victimes dans la capitale fédérale. Dans son rapport final, la Commission de vérité et réconciliation avait demandé la création d’un monument pour honorer les survivants et tous les enfants qu’ont perdus les familles et les communautés concernées.

De plus, un financement sera aussi disponible pour des initiatives locales visant à commémorer les victimes ou les lieux où de tels pensionnats ont existé, selon nos sources.

Le gouvernement fédéral annoncera également qu’il offrira plus de soins en matière de santé mentale aux personnes et aux communautés affectées par les pensionnats.

Interlocuteur spécial

Simultanément, le gouvernement fédéral répondra aux groupes et partis d’opposition qui demandent la nomination d’un procureur spécial qui enquêterait sur les crimes commis dans les pensionnats pour Autochtones à l’échelle nationale.

Selon nos informations, le gouvernement a conclu qu’une telle procédure – semblable à ce qui existe aux États-Unis, par exemple – ne pourrait pas être lancée selon les lois en vigueur au Canada.

Toutefois, selon nos sources, le gouvernement fédéral nommera un interlocuteur spécial qui étudiera la meilleure manière de répondre aux demandes d’enquête sur les crimes commis dans les pensionnats pour Autochtones.

Bien que je n’aie pas le pouvoir d’initier une enquête criminelle, puisqu’il s’agit d’un pouvoir exclusif des services policiers, nous considérons toutes les options qui permettront aux survivants, à leurs communautés et au pays d’avancer sur la voie de la guérison et de la réconciliation, a affirmé le ministre fédéral de la justice, David Lametti, dans une déclaration écrite.

Un mandat déjà critiqué

L’avocate Mary Ellen Turpel-Lafond, une ancienne juge qui est spécialiste en droit autochtone, affirme que le gouvernement fédéral aura fort à faire pour convaincre les communautés affectées du bien-fondé de sa décision de nommer un interlocuteur spécial.

Il y a eu plusieurs erreurs au sein du système de justice canadien – au fil des générations – quand est venu le temps d’enquêter, de poursuivre et de tenir les personnes responsables de leurs actes, a-t-elle affirmé à Radio-Canada.

Selon Mme Turpel-Lafond, les autorités en place ont tout simplement refusé de croire les victimes du système des pensionnats.

Elles n’ont pas obtenu justice pour ces victimes… Il s’agit de crimes contre des Autochtones en tant que peuple, ce qui entre dans la catégorie des crimes contre l’humanité et de génocide, lance-t-elle.

Dans ce contexte, Mme Turpel-Lafond dit qu’il faudra examiner attentivement le mandat de l’interlocuteur spécial pour être certain que l’individu en question pourra obtenir des résultats concrets. Cette personne devra avoir assez de poids pour changer le système en place et éviter de répéter les erreurs du passé, dit-elle.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a demandé, plus tôt cet été, la création d’une enquête indépendante sur les crimes commis contre les peuples autochtones dans le cadre du système des pensionnats. Selon le NPD, un procureur spécial serait nécessaire pour avoir le pouvoir d’obtenir des documents détenus par les institutions religieuses et le gouvernement fédéral sur la longue liste de prédateurs qui ont sévi dans les pensionnats.

Ouverts pendant plus de 160 ans, les pensionnats canadiens ont été fréquentés par plus de 150 000 enfants autochtones âgés de 7 à 16 ans.

L’annonce des nouvelles mesures fédérale devrait être effectuée, mardi, par la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault, et M. Lametti.

Source: Radio-Canada

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