Maroc-Covid-19: Les firmes américaines s’enquièrent des mesures prises par Rabat

2020-06-01T20:12:00-04:00
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1 juin 2020
Maroc-Covid-19: Les firmes américaines s’enquièrent des mesures prises par Rabat
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Assahafa.com

Le Corporate Council on Africa (CCA), grande association américaine, basée à Washington, regroupant les entreprises faisant des affaires avec l’Afrique et qui cherche à promouvoir les affaires et les investissements entre les États-Unis et l’Afrique, a organisé le 29 mai dernier, un webinaire axé sur les mesures sanitaires et économiques prises par le Maroc et le Sénégal après la crise engendrée par le Covid-19. Des représentants de grandes entreprises américaines membres du CCA, des agences gouvernementales américaines et du cercle diplomatique ont participé à cet évènement virtuel.

Regroupant des entreprises américaines investies dans des secteurs porteurs comme l’agroalimentaire, l’énergie, la finance, la santé, les TIC, les infrastructures, la sécurité et le tourisme, le CCA a présenté les expériences respectives des deux pays en présence de deux invités-panélistes de marque que sont Mohcine Jazouli, ministre marocain délégué auprès du Ministre des Affaires Étrangères, de la Coopération Africaine et des Marocains Résidant à l’Étranger et Amadou Hott, ministre sénégalais de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale. Au cours de ce webinaire, le ministre Jazouli est revenu longuement sur la stratégie anticipative orientée par le Roi Mohammed VI et les mesures rigoureuses tant sanitaires, sociales qu’économiques mises en place.

Présentation des mécanismes réactifs et anticipatifs

Le ministre délégué a aussi présenté les prérogatives du Fonds de lutte contre la pandémie Covid-19 et les mesures prises par le Comité de Veille Économique (CVE), au sein duquel il siège. Au cours du débat, Mohcine Jazouli a interagi avec les participants au sujet de l’impact de cette crise tant social qu’économique et les mesures entérinées pour assurer la relance du secteur privé. Dans une approche prospective, le ministre délégué a évoqué avec l’assistance les différentes perspectives post pandémie, avec notamment un focus sur les secteurs pharmaceutiques et médicaux. De même, les défis de la relance économique et les perspectives socio-économiques internes ont été abordés. Le ministre délégué aux Affaires étrangères a aussi mis en exergue la grande capacité du tissu économique à se mobiliser lors de cette crise. Le responsable marocain a aussi rassuré les entreprises américaines sur la bonne gestion de la pandémie par le gouvernement et les a invité à maintenir leurs affaires au Maroc et sur le continent africain.

Une crise qui a changé la donne dans le monde

La crise actuelle « va certainement impacter le commerce et l’investissement, provoquant un remodelage de la façon de gérer les économies au niveau local, régional et continental », a estimé le ministre Jazouli, tout en observant qu’une crise « est une opportunité de changement, d’amélioration et d’adoption de bonnes pratiques. Certes, cette crise va occasionner beaucoup de dégâts ; cependant, chaque crise apporte également d’énormes opportunités ». Etant donné l’énorme potentiel de l’Afrique, du Maroc et des Etats-Unis, le ministre délégué a appelé à travailler de concert « pour reconstruire nos économies et donner de l’espoir aux personnes qui ont perdu leur emploi ou qui de manière générale ont bataillé pour s’en sortir économiquement ». Relativement à la pandémie en Afrique, Mohcine Jazouli est revenu longuement sur l’Initiative de Chefs d’Etat africains proposée par le Souverain pour créer un cadre opérationnel apte à aider les pays africains dans la gestion des différentes phases de la pandémie en se basant sur l’action, l’échange d’expérience et de bonnes pratiques.

Les limites d’un modèle économique mises à nu

Sur le plan international, le ministre délégué a estimé que « cette crise a clairement montré les limites de la mondialisation de certaines chaînes de valeur ; d’où l’impératif de poursuivre l’intégration régionale afin de sécuriser les approvisionnements de certains secteurs d’activité ». Il a suggéré dans cet ordre d’idées que « des projets d’infrastructures communs puissent être conçus – dans des domaines essentiels comme les transports ou l’énergie – qui pourraient être financés par les États-Unis dans le cadre d’une coopération tripartite renforcée et exécutés par des consortiums locaux-américains ». Enfin,  le ministre Jazouli a conclu que la grande leçon de cette crise est « la nécessité de renforcer les mécanismes de solidarité »à la lumière des grands changements induits par la pandémie qui impacteront non seulement «  notre façon de travailler et de vivre, mais aussi de coopérer ensemble ».

Jazouli 2 - Assahafa

Washington DC, Mars 2020 – Le ministre délégué aux Affaires étrangères, Mohcine Jazouli, s’entretenant avec le PDG du Corporate Council on Africa (CCA), Florizelle Lizer. Il était accompagné de son chef de cabinet, Brahim Benmoussa et de son conseiller Hicham Chaoudri.

Jazouli très actif ces derniers mois outre-Atlantique

La participation de Mohcine Jazouli à ce webinaire intervient quelques semaines après sa rencontre avec Mme Florizelle Lizer, PDG du Corporate Council on Africa (CCA), le 9 mars 2020 à Washington DC. Au cours de cette visite de travail, les deux parties ont abordé les préparatifs du « Sommet des Affaires Etats Unis-Afrique » (US-Africa Business Summit 2020). Prévu en juin à Marrakech, avec la participation de plus de 40 pays africains et près de 400 grandes entreprises américaines, le sommet a été reporté sine die. Au cours du même mois,  le ministre Jazouli a tenu une séance de travail avec Adam Boehler, président directeur général de la Société de financement du développement international des États-Unis (U.S. International Development Finance Corporation -DFC).

Cette nouvelle agence américaine a pour but de financer des projets à l’étranger et dispose d’un budget de 60 milliards de dollars. Un mois auparavant, le ministre délégué a présidé la 1ère session du groupe de travail Afrique dans le cadre du dialogue stratégique signé par Rabat et Washington, qui veulent donner une dimension africaine au partenariat stratégique qui lie les deux pays. Le Maroc peut, en raison de sa connaissance des réalités africaines et la forte implantation de ses entreprises en Afrique subsaharienne, servir de hub et de base arrière pour les firmes américaines, d’autant que son environnement des affaires est acceptable.

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