LE ROI ET LE PEUPLE AUX AGUETS

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19 octobre 2019
LE ROI ET LE PEUPLE AUX AGUETS

Assahafa.com

Peut-être que cela ne signifie rien pour les Marocains que le ministère de l’Intérieur annonce la vacance du poste de président de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima et, par-là, l’ouverture de la voie des candidatures pour accéder à la fonction. 

Bien évidemment, ce qui compte pour les Marocains, et en particulier les habitants de cette région du nord, est de voir le président sortant, Ilyas El Omari, rendre compte de tous les forfaits dont il est responsable, que ce soit vis-à-vis de ses nombreuses victimes que de son pays, et que soit ouverte une enquête judiciaire à son encontre pour tous les crimes politiques qu’il a perpétrés.

L’enquête devrait également s’étendre à l’immense patrimoine qu’ils ont cumulé, lui et son frère Fouad, l’ancien maire de Tanger, et dont les chiffres dépassent l’entendement en raison d’investissements et de placements faramineux dans plusieurs pays. Sans oublier une grande partie de son entourage et plusieurs de ses proches qui se sont subitement enrichis grâce notamment aux investitures accordées à leurs fidèles lors des différentes échéances électorales.

Nous en avons pour preuve les propres accusations échangées solennellement et publiquement entre dirigeants du PAM.

Je n’exagère pas si je dis que ce qu’a commis Ilyas El Omari à l’encontre d’hommes politiques, de chefs de partis, de ministres et d’un grand nombre de hauts fonctionnaires, équivaut sans conteste aux crimes perpétrés lors des années de plomb, et mérite donc des poursuites judiciaires.

Des gens comme Ilyas El Omari hier ou Aziz Akhannouch encore aujourd’hui, ont longtemps pris de haut les Marocains tantôt au nom de Fouad Ali El Himma tantôt au nom du Palais royal et des fois au nom de princes ou de princesses. Ils prétendent même parfois être des envoyés personnels du roi Mohammed VI, bien que le roi ait annoncé plus d’une fois et explicitement qu’il ne favorise personne parmi ses sujets, qu’il se tenait à équidistance entre tous les Marocains et a averti ceux qui se cachent derrière le Palais pour atteindre leurs objectifs.

D’ailleurs, Aziz Akhannouch, qui a été un acteur majeur dans le blocage gouvernemental de 2016 qui a donné lieu au départ de Abdelilah Benkirane, continue de jouer le même rôle en dirigeant aujourd’hui ses attaques contre l’actuel chef de gouvernement alors même que le roi a réitéré, à plusieurs reprises, sa confiance dans les islamistes du PJD, pendant que le chef du RNI semble réagir négativement au contenu du dernier discours royal.

Paradoxalement, et malgré les rapports catastrophiques de la Cour des Comptes sur sa gestion des secteurs de l’Agriculture et de la Pêche, Aziz Akhannouch, qui siège depuis 12 ans dans les différents gouvernements qui se sont succédé depuis celui de Driss Jettou, continue de conserver son portefeuille dans l’actuel exécutif tout en se donnant les libertés de fustiger son propre chef de gouvernement. 

S’il voulait réellement interagir positivement aux discours royaux de la fête du trône et de l’anniversaire de la Révolution du roi et du peuple, Aziz Akhannouch, qui n’ignore pas que la publication des rapports de la Cour des Comptes ne peut se faire sans feu vert du Palais, aurait pu proposer le nom de jeunes cadres de son parti qui ne demandent qu’à faire leurs preuves, mais il a choisi sciemment de marginaliser les militants de sa formation politique en vue d’offrir des postes ministériels à des responsables qui n’ont aucun lien avec le RNI, principalement en provenance du géant financier Saham de son propriétaire l’autre ministre milliardaire, Moulay Hafid Elalamy, lui-même régulièrement pointé du doigt pour ses conflits d’intérêt et de mélange des genres : politique, affaires et service public.

Nous ignorons si Aziz Akhannouch se considère lui-même comme étant une compétence indispensable pour le pays, mais ce que nous savons c’est que la Cour des Comptes, dont le président est nommé par le roi, lui a consacré plus de 400 pages, l’accusant de gestion défaillante et de dilapidation de centaines de milliards de centimes d’argent du contribuable, alors que tout comme Moulay Hafid Elalamy, de larges franges de la population sont outrées par les conflits d’intérêt dont il est un des symboles. Aux yeux du peuple, qui a massivement participé à la campagne de boycott qui a touché plusieurs des secteurs d’activité du ministre-businessman, Akhannouch ne mériterait ni confiance ni respect.

Le ministre milliardaire de l’Agriculture n’a d’ailleurs jamais répondu aux accusations du Parti Libéral de Mohammed Zyane qui lui a consacré tout un rapport mettant clairement en cause son intégrité financière et morale. Black-out total dans le camp Akhannouch. 

Le roi Mohammed VI a déjà promis qu’il n’hésiterait pas à intervenir personnellement pour lier responsabilité et reddition des comptes, nous sommes sûrs et certains qu’il tiendra sa promesse.

Si le roi et son peuple paraissent patients, ils ne sont surtout pas négligents. Est-ce que Akhannouch, en homme averti, saura-t-il tirer la leçon d’Ilyas El Omari et partir de son plein gré, ou choisira-t-il l’entêtement jusqu’à être démis de ses fonctions ?

Mourad Borja 

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